Hansel et Gretel - Les contes de Grimm (Livre Audio)

La nuit des contes
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38 Vues de vidéo·24 oct. 2023
Bibliographie : Grimm, Wilhelm, et Jacob Grimm. CONTES MERVEILLEUX. Ebooks libres et gratuits, http://www.crdp-strasbourg.fr/je_lis_libre/livres/Grimm_ContesMerveilleux1.pdf. Consulté le 2 juillet 2021.
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La nuit des contes présente, Hansel et Gretel, un conte des frères Grimm.
À l'orée d'une grande forêt vivait un pauvre bûcheron, sa femme et ses deux enfants.
Le garçon s'appelait Hansel et la fille Gretel.
La famille ne mangeait guère.
Une année que la famine régnait dans le pays et que le pain lui-même vint à manquer,
le bûcheron ruminait des idées noires.
Une nuit, dans son lit, il remâchait ses soucis.
Qu'allons-nous devenir ? Comment nourrir nos pauvres enfants, quand nous n'avons plus rien pour nous-mêmes ?
Eh bien, mon homme, dit la femme, sais-tu ce que nous allons faire ?
Dès l'aube, nous conduirons les enfants au plus profond de la forêt.
Nous leur allumerons un feu et nous leur donnerons à chacun un petit morceau de pain.
Puis nous irons à notre travail et les laisserons seuls.
Ils ne retrouveront plus leur chemin et nous en serons débarrassés.
Non, femme, dit le bûcheron, je ne ferai pas cela.
Comment pourrais-je me résoudre à laisser nos enfants tous seuls dans la forêt ?
Les bêtes sauvages ne tarderaient pas à les dévorer.
Oh, fou ! rétorqua-t-elle.
Tu préfères donc que nous mourions de faim tous les quatre ?
Alors il ne te reste qu'à raboter les planches de nos cercueils.
Elle n'eut de cesse qu'il n'accepta ce qu'elle proposait.
Mais j'ai quand même pitié de ces pauvres enfants, dit le bûcheron.
Les deux petits n'avaient pu s'endormir tant ils avaient faim.
Ils avaient entendu ce que la marâtre disait à leur père.
Gretel pleura des larmes amères et dit à son frère,
C'en est fait de nous.
Du calme, Gretel, dit Ansel, ne t'en fais pas.
Je trouverai un moyen de nous en tirer.
Quand les parents furent endormis, il se leva,
enfila ses habits, ouvrit la châtière et se glissa dehors.
La lune brillait dans le ciel et les graviers blancs devant la maison
étincelaient comme des diamants.
Ansel se pencha et en mit dans ses poches autant qu'il put.
Puis il rentra dans la maison et dit à Gretel,
Aie confiance, chère petite sœur, et dors tranquille.
Dieu ne nous abandonnera pas.
Et lui-même se recoucha.
Quand vint le jour, avant même que le soleil ne se leva,
la femme réveilla les deux enfants.
Debout, paresseux, nous allons aller dans la forêt pour y chercher du bois.
Elle leur donna un morceau de pain à chacun et dit,
Voici pour le repas de midi.
Ne mangez pas tout avant, car vous n'aurez rien d'autre.
Comme les poches de Ansel étaient pleines de cailloux,
Gretel mit le pain dans son tablier.
Puis ils se mirent tous en route pour la forêt.
Au bout de quelque temps, Ansel s'arrêta et regarda en direction de la maison.
Et sans cesse il répétait ce geste.
Le père dit,
Que regardes-tu, Ansel, et pourquoi restes-tu toujours en arrière ?
Fais attention à toi et n'oublie pas de marcher.
Ah, père, dit Ansel,
je regarde mon petit chat blanc qui est perché là-haut sur le toit et je lui dis au revoir.
La femme dit,
Fous que tu aies, ce n'est pas le chaton, c'est un reflet de soleil sur la cheminée.
Ansel, en réalité, n'avait pas vu le chat.
Mais à chaque arrêt, il prenait un caillou blanc dans sa poche et le jetait sur le chemin.
Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt, le père dit,
Maintenant, les enfants, ramassez du bois.
Je vais allumer un feu pour que vous n'ayez pas froid.
Ansel et Gretel amassèrent des brindilles au sommet d'une petite colline.
Quand on y mit le feu et qu'il eut bien pris, la femme dit,
Couchez-vous auprès de lui, les enfants, et reposez-vous.
Nous allons abattre du bois.
Quand nous aurons fini, nous reviendrons vous chercher.
Ansel et Gretel s'assirent auprès du feu
et, quand vint l'heure du déjeuner, ils mangèrent leurs morceaux de pain.
Ils entendèrent autant tirer des coups de hache et pensaient que leur père était tout proche.
Mais ce n'était pas la hache.
C'était une branche que le bûcheron avait attachée à un arbre mort
et que le vent faisait battre de ci, de là.
Comme ils étaient assis là depuis des heures,
les yeux finirent par leur tomber de fatigue et ils s'endormirent.
Quand ils se réveillèrent, il faisait nuit noire.
Gretel se mit à pleurer et dit,
Comment ferons-nous pour sortir de la forêt ?
Ansel la consola.
Attends encore un peu, dit-il, jusqu'à ce que la lune soit levée,
alors nous retrouverons notre chemin.
Quand la pleine lune brilla dans le ciel,
il prit sa sœur par la main et suivit les petits cailloux blancs.
Ils étincelaient comme des écus frais battus et indiquaient le chemin.
Les enfants marchèrent toute la nuit
et, quand le jour se leva, ils atteignirent la maison paternelle.
Ils frappèrent à la porte.
Lorsque la femme eut ouvert et quand elle vit que c'était Ansel et Gretel, elle dit,
Méchants enfants ! Pourquoi avez-vous dormi si longtemps dans la forêt ?
Nous pensions que vous ne reviendriez jamais.
Leur père, lui, se réjouit,
car il avait le cœur lourd de les avoir laissés seuls dans la forêt.
Peu de temps après, la misère régna de plus belle
et les enfants entendirent ce que la marâtre disait pendant la nuit à son mari.
Il ne nous reste plus rien à manger, une demi-miche seulement,
et après finit la chanson.
Il faut nous débarrasser des enfants.
Nous les conduirons encore plus profond dans la forêt,
pour qu'ils ne puissent plus retrouver leur chemin.
Il n'y a rien d'autre à faire.
Le père avait bien du chagrin.
Il songeait.
Il vaudrait mieux partager la dernière bouchée avec les enfants.
Mais la femme ne voulait rien entendre.
Elle le gourmanda et lui fit mille reproches.
Qui a dit A doit dire B.
Comme il avait accepté une première fois, il dut consentir de rechef.
Les enfants n'étaient pas encore endormis.
Ils avaient tout entendu.
Quand les parents furent plongés dans le sommeil,
Ansel se leva avec l'intention d'aller ramasser des cailloux,
comme la fois précédente.
Mais la marâtre avait verrouillé la porte,
et le garçon ne put sortir.
Il consola cependant sa petite sœur.
Ne pleure pas, Gretel.
Dors tranquille.
Le bon Dieu nous aidera.
Tout le matin, la marâtre fit lever les enfants.
Elle leur donna un morceau de pain, plus petit encore que l'autre fois.
Sur la route de la forêt, Ansel les mietta dans sa poche.
Ils s'arrêtaient souvent pour en jeter un peu sur le sol.
Ansel, qu'as-tu à t'arrêter et à regarder autour de toi ?
dit le père.
Va ton chemin.
Je regarde ma petite colombe sur le toit pour lui dire au revoir,
répondit Ansel.
Fou ! dit la mère.
Ce n'est pas la colombe, c'est le soleil qui se joue sur la cheminée.
Ansel cependant continuait à semer des miettes de pain le long du chemin.
La marâtre conduisit les enfants au fin fond de la forêt,
plus loin qu'ils n'étaient jamais allés.
On y refit un grand feu, et la femme dit.
Restez là, les enfants.
Quand vous serez fatigués, vous pourrez dormir un peu.
Nous allons couper du bois, et ce soir, quand nous aurons fini,
nous reviendrons vous chercher.
À midi, Gretel partagea son pain avec Ansel,
qui avait éparpillé le sien le long du chemin.
Puis ils dormirent, et la soirée passa sans que personne ne revînt auprès d'eux.
Ils s'éveillèrent au milieu de la nuit,
et Ansel consola sa petite sœur, disant.
Attends que la lune se lève, Gretel.
Nous verrons les miettes de pain que j'ai jetées.
Elles nous montreront le chemin de la maison.
Quand la lune se leva, ils se mirent en route.
Mes deux miettes, point.
Les mille oiseaux des champs et des bois les avaient mangées.
Les deux enfants marchèrent toute la nuit, et le jour suivant,
sans trouver à sortir de la forêt.
Ils mourraient de faim, n'ayant à se mettre sous la dent que quelques baies sauvages.
Ils étaient si fatigués que leurs jambes ne voulaient plus les porter.
Ils se couchèrent au pied d'un arbre, et s'endormirent.
Trois jours s'étaient déjà passés depuis qu'ils avaient quitté la maison paternelle.
Ils continuaient à marcher, s'enfonçant toujours plus avant dans la forêt.
Si personne n'allait venir à leur aide, ils ne tarderaient pas à mourir.
À midi, ils virent un joli oiseau sur une branche, blanc comme neige.
Ils chantaient si bien que les enfants s'arrêtèrent pour l'écouter.
Quand il eut fini, ils déployaient ses ailes et volaient devant eux.
Ils le suivirent jusqu'à une petite maison,
sur le toit de laquelle le bel oiseau blanc se percha.
Quand ils s'en furent rapprochés tout près,
ils virent qu'elle était faite de pain et recouverte de gâteaux.
Les fenêtres étaient en sucre.
« Nous allons nous mettre au travail, » dit Ansel, « et faire un repas béni de Dieu.
Je mangerai un morceau du toit, ça a l'air d'être bon. »
Ansel grimpa sur le toit et en arracha un petit morceau pour goûter.
Gretel se mit à lécher les carreaux.
On entendit alors une voix suave qui venait de la chambre.
« Langue, langue lèche, qui donc ma maison lèche ? »
Les enfants répondirent.
« C'est le vent, c'est le vent, ce céleste enfant ! »
Et ils continuèrent à manger sans se laisser détourner de leur tâche.
Ansel, qui trouvait le toit fort bon, en fit tomber un gros morceau par terre,
et Gretel découpa une vitre entière, s'assit sur le sol et se mit à manger.
La porte, tout à coup, s'ouvrit,
et une femme, vieille comme les pierres,
s'appuyant sur une canne, sortit de la maison.
Ansel et Gretel eurent si peur qu'ils laissèrent tomber tout ce qu'elles tenaient dans leurs mains.
La vieille secoua la tête et dit.
« Hé, chers enfants, qui vous a conduits ici ?
Entrez, venez chez moi, il ne vous sera fait aucun mal. »
Elle les prit tous deux par la main et les fit entrer dans la maisonnette.
Elle leur servit un bon repas, du lait et des beignets avec du sucre, des pommes et des noix.
Elle prépara ensuite deux petits lits.
Ansel et Gretel s'y couchèrent. Ils se croyaient au paradis.
Mais l'amitié de la vieille n'était qu'apparente.
En réalité, c'était une méchante sorcière à l'affût des enfants.
Elle n'avait construit la maison de pain que pour les attirer.
Quand elle en prenait un, elle le tuait, le faisait cuire et le mangeait.
Pour elle, c'était alors jour de fête.
La sorcière avait les yeux rouges et elle ne voyait pas très clair.
Mais elle avait un instinct très sûr, comme les bêtes, et sentait venir de loin les êtres humains.
Quand Ansel et Gretel s'étaient approchées de sa demeure,
elle avait ri méchamment et dit d'une voix mielleuse,
« Cela je les tiens. Il ne faudra pas qu'ils m'échappent. »
À l'aube, avant que les enfants ne se soient éveillés, elle se leva.
Ansel les vit, qui reposaient si gentiment, avec leurs bonnes joues toutes roses, elle murmura,
« Quel bon repas je vais faire ! »
Elle attrapa Ansel de sa main rèche, le conduisit dans une petite étable et l'y enferma au verrou.
Il eut beau crier, cela ne lui servit à rien.
La sorcière s'approcha ensuite de Gretel, la secoua pour la réveiller et s'écria,
« Debout, paresseuse ! Va chercher de l'eau et prépare quelque chose de bon à manger pour ton frère.
Il est enfermé à l'étable et il faut qu'il s'engraisse.
Quand il sera à point, je le mangerai. »
Gretel se mit à pleurer, mais cela ne lui servit à rien.
Elle fut obligée de faire ce que lui demandait l'eau graisse.
On prépara pour le pauvre Ansel les plats les plus délicats.
Gretel, elle, n'eut droit qu'à des carapaces de crabe.
Tous les matins, la vieille se glissait jusqu'à l'écurie et disait,
« Ansel, tends tes doigts que je vois si tu es déjà assez gras. »
Mais Ansel tendait un petit os et la sorcière, qui avait de mauvais yeux, ne s'en rendait pas compte.
Elle croyait que c'était vraiment le doigt de Ansel et s'étonnait qu'il n'engraisse point.
Quand quatre semaines furent passées et que l'enfant était toujours aussi maigre,
elle perdit patience et décida de ne pas attendre plus longtemps.
« Hola, Gretel ! » cria-t-elle.
« Dépêche-toi d'apporter de l'eau.
Que Ansel soit gras ou maigre, c'est demain que je le tuerai et le mangerai. »
Ah ! comme elle pleurait, la pauvre petite, en charriant ses seaux d'eau,
comme les larmes coulaient le long de ses joues.
« Dieu bon, aide-nous donc ! » s'écria-t-elle.
« Si seulement les bêtes de la forêt nous avaient dévorés, au moins serions-nous morts ensemble. »
« Cesse de te lamenter, » dit la vieille, « ça ne te servira à rien. »
De bon matin, Gretel fut chargée de remplir la grande marmite d'eau et d'allumer le feu.
« Nous allons d'abord faire la pâte, » dit la sorcière.
« J'ai déjà fait chauffer le four et préparé ce qu'il faut. »
Elle poussa la pauvre Gretel vers le four, d'où sortaient de grandes flammes.
« Faufile-toi dedans, » ordonna-t-elle.
« Et vois s'il est assez chaud pour la cuisson. »
Elle avait l'intention de fermer le four quand la petite y serait pour la faire rôtir.
Elle voulait la manger, elle aussi.
Mais Gretel devina son projet et dit,
« Je ne sais pas comment faire. Comment entre-t-on dans ce four ? »
« Petit-toi, » dit la sorcière.
« L'ouverture est assez grande, vois, je pourrais y entrer moi-même. »
Et elle y passa la tête.
Alors Gretel la poussa vivement dans le four, claqua la porte et mit le verrou.
La sorcière se mit à hurler épouvantablement.
Mais Gretel s'en alla, et cette épouvantable sorcière n'eut plus qu'à rôtir.
Gretel, elle, courut aussi vite qu'elle le pouvait chez Ansel.
Elle ouvrit la petite étable et dit,
« Ansel, nous sommes libres. La vieille sorcière est morte. »
Ansel bondit hors de sa prison aussi rapide qu'un oiseau dont on vient d'ouvrir la cage.
Comme ils étaient heureux, comme ils se prirent par le cou, dansèrent et s'embrassèrent.
N'ayant plus rien à craindre, ils pénétrèrent dans la maison de la sorcière.
Dans tous les coins, il y avait des caisses pleines de perles et de diamants.
« C'est encore mieux que mes petits cailloux, » dit Ansel en remplissant ses poches.
Et Gretel ajouta, « Moi aussi, je veux en rapporter à la maison. »
Et elle en mit tant qu'elle put dans son tablier.
« Maintenant, il nous faut partir, » dit Ansel, « si nous voulons fuir cette forêt ensorcelée. »
Au bout de quelques heures, ils arrivèrent sur les bords d'une grande rivière.
« Nous ne pourrons pas la traverser, » dit Ansel, « je ne vois ni passerelle ni pont. »
« On n'y voit aucune barque non plus, » dit Gretel.
« Mais voici un canard blanc. Si je lui demande, il nous aidera à traverser. »
Elle cria, « Petit canard, petit canard, nous sommes Ansel et Gretel.
Il n'y a ni barque, ni gaie, ni pont. Fais-nous passer avant qu'il ne soit tard. »
Le petit canard s'approcha, et Ansel se mit à califourchant sur son dos.
Il demanda à sa soeur de prendre place à côté de lui.
« Non, » répondit-elle, « ce serait trop lourd pour le canard. Nous traverserons l'un après l'autre. »
La bonne petite bête les mena ainsi à bon port.
Quand ils eurent donc passé l'eau sans dommage, ils s'aperçurent au bout de quelques temps
que la forêt leur devenait de plus en plus familière.
Finalement, ils virent au loin la maison de leur père.
Ils se mirent à courir, se ruèrent dans la chambre de leurs parents et sautèrent au cou de leur père.
L'homme n'avait plus une seule minute de bonheur depuis qu'il avait abandonné ses enfants dans la forêt.
Sa femme était morte.
Gretel secoua son tablier, et les perles et les diamants roulèrent à travers la chambre.
Ansel en sortit d'autres de ses poches par poignet.
C'en était fini des soucis. Ils vécurent heureux tous ensemble.
