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Le Vendée Globe est souvent considéré comme l'une des compétitions les plus éprouvantes au monde, un véritable test des limites humaines et technologiques.
Cette course à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance, impose aux navigateurs de parcourir les océans les plus hostiles, notamment les mers glaciales du Grand Sud, où les vents hurlants et les vagues gigantesques mettent les embarcations et leurs skippers à rude épreuve.
Pendant plusieurs mois, les marins se retrouvent seuls face à eux-mêmes, dans un isolement total, devant gérer des conditions météorologiques imprévisibles, des avaries techniques, et une fatigue extrême due au manque de sommeil.
La difficulté est accentuée par l'exigence d'être à la fois un marin, un technicien, un météorologue, et un stratège, tout en restant lucide malgré l'épuisement. Les navigateurs doivent également composer avec une alimentation minimaliste et la nécessité de gérer leur santé mentale dans un environnement impitoyable.
Chaque Vendée Globe est marqué par des exploits héroïques, mais aussi par des abandons déchirants et parfois des tragédies, ce qui illustre la rudesse de cette épreuve hors du commun.
Pourtant, c’est précisément cette brutalité et cet engagement total qui en font une compétition mythique, attirant les navigateurs les plus intrépides et inspirant des millions de passionnés à travers le monde.
Sur cette chaine on parle de sports extrêmes en tout genre, que ce soit sports d'hiver ( ski, snowboard ... ) sports auto ( F1, rally ... ) skate, trottinette, bmx, mtb enduro / descente, bref de tout !
Le 10 novembre 2024 s'est tenu le lancement de cette course mythique qui depuis plus de 35 ans fascine le monde, le Vendée Globe.
24 000 miles nautiques, soit près de 45 000 kilomètres à parcourir autour du globe le plus rapidement possible,
le tout en étant seul aux commandes sur un voilier en plein océan, tel est le défi colossal de cette course de tous les dangers.
Si la quasi-totalité d'entre vous connaissent au moins cette compétition de nom, très peu se doutent de la complexité du trajet,
de la solitude extrême que ressentent ces skippers livrés à eux-mêmes évoluant dans l'immensité des océans,
ou encore la difficulté à trouver le sommeil tant le focus doit être constant.
Les accidents ne sont pas rares, les abandons aussi.
En 9 éditions, seuls 114 skippers ont réussi l'exploit de boucler ce tour du monde sur plus de 200 participants.
Rien que le fait de compléter cette course représente déjà un défi inhumain,
mais ce qu'il y a de plus difficile encore c'est de marquer son histoire en remportant un record du monde de rapidité.
Je vous parle ici de skippers de renom qui ne se sont pas juste contentés de simplement boucler le trajet,
mais de se battre contre la force des océans pour atteindre le Graal.
Ok, maintenant imaginez-vous à la place de ces navigateurs.
Vous vous trouvez en plein milieu d'un océan qui à première vue paraît calme,
mais à n'importe quel moment vous pouvez croiser la route d'un objet flottant non identifié ou d'une tempête dévastatrice.
Ces menaces elles sont bien réelles et même si vous ne les voyez pas,
elles sont omniprésentes tout au long de votre traversée.
Ça fait froid dans le dos dit comme ça, mais maintenant arrêtez d'imaginer.
Ce que je vous ai décrit n'est qu'une métaphore de tous les dangers invisibles
auxquels vous et moi devons faire face chaque jour en surfant sur internet.
Mais bon, rassurez-vous, dans ce vaste océan numérique infesté de requins,
il existe des vigiles de protection nautique, ou VPN.
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Joshua Slocum, c'est un explorateur né en 1844, et si je vous parle de cet homme pour introduire ce sujet, c'est pas pour rien.
Il est le premier navigateur à avoir bouclé un tour du monde en solitaire à la voile.
C'était en 1898, soit un peu plus de 100 ans avant la première édition du Vendée Globe,
et il a réussi cet exploit en un peu plus de 3 ans.
Retenez bien cette info car on va y revenir.
Après cette consécration, les courses à la voile vont prendre un grand boost de popularité au cours du 20ème siècle.
En 1868, le journal britannique The Sunday Time organise la première course à la voile en solitaire et sans escales autour du monde,
que vous connaissez sûrement de nom, le Golden Globe.
A l'issue de cette course, le navigateur Robin Nod Johnston est sorti vainqueur de l'épreuve,
après un total de plus de 300 jours de navigation.
Sur les 9 bateaux ayant pris la mer, il fut le seul à franchir la ligne d'arrivée.
Avec le temps, cette compétition a pas mal évolué,
et en parallèle, d'autres courses de ce style se sont notamment développées,
Et parmi les 17 concurrents présents le jour du départ,
un navigateur encore inconnu du nom de Philippe Janteau va marquer l'histoire de cette compétition
en remportant haut la main cette course en 159 jours de navigation seulement.
A l'époque, cet exploit avait littéralement retourné l'industrie,
mais croyez-moi, nous sommes encore bien loin des temps ahurissants plus récemment réalisés par certains des plus grands skippers du globe.
Cette réussite a un goût amer pour Philippe Janteau,
qui s'est mis à constater que les courses autour du monde en solitaire avec escale comme le B.O.C.
ne représentaient pas vraiment le défi ultime qu'il recherchait.
Ça peut être difficile à croire, mais oui, pour lui, ça ne suffisait pas.
Son souhait le plus profond, c'était de créer une épreuve plus exigeante,
sans escale ni assistance, permettant aux skippers qui y participeront de repousser leurs limites
et de naviguer dans les conditions les plus pures et les plus difficiles.
Cette vision, il l'a entretenue pendant plus de 7 ans,
et c'est en 1989 que le plus gros projet de sa vie a enfin pu voir le jour.
Son nom ?
Le Vendée Globe.
Une course à la voile en solitaire, sans escale ni assistance,
qui débute et se termine au Sable d'Olonne.
Le tracé est le suivant.
Les skippers devront descendre l'océan Atlantique,
contourner le Cap de Bonne Espérance à la pente sud de l'Afrique,
traverser ensuite l'océan Indien,
passer au sud de l'Australie en franchissant le Cap Leeuwin,
puis naviguer dans l'océan Pacifique jusqu'au Cap Horn,
à l'extrémité sud de l'Amérique du Sud.
Enfin, ils devront remonter l'Atlantique pour revenir au Sable d'Olonne, leur point de départ.
Ce parcours couvre environ 45 000 km,
et cette course répond à toutes les attentes de Philippe.
Le Vendée Globe est né, passons aux choses sérieuses.
Sur la ligne de départ cette année-là,
13 navigateurs ont répondu présents à l'appel,
dont 11 Français, un Sud-Africain et un Américain,
tous déterminés à marquer l'histoire de cette course
tout en flirtant avec leurs limites physiques et psychologiques.
Ils sont comme des bêta-testeurs d'une des courses les plus extrêmes jamais élaborées,
et c'est en pleine connaissance de cause
qu'ils se sont lancés à l'assaut de ces vastes océans en solitaire.
A bord de leur navire, aucun médecin, aucun collègue pour prendre le relais,
une simple blessure ou une maladie peut donc anéantir tous les efforts des navigateurs.
Ils doivent constamment veiller à la direction de leur voilier,
aux conditions météorologiques changeantes et extrêmes
et aux annonces radio de l'organisation de la course,
impossible donc pour eux de faire des nuits complètes de 6 à 8 heures.
Enfin, ça on en reparlera un peu plus tard.
En bref, faut faire preuve d'une parfaite autonomie.
Si tu t'ouvres un membre, c'est à toi de le recoudre avec les moyens du bord.
Si t'es pris au piège dans une tempête, c'est à toi de te battre pour ne pas te retourner.
Le danger est juste omniprésent et ces 13 navigateurs le savent.
Le 26 novembre 89, le départ est officiellement prononcé
et très vite, les premiers accidents vont survenir.
Quelques semaines après le départ, le français Philippe Poupon chavire en plein océan.
Son bateau se retrouve couché sur le flanc,
mais heureusement, il a finalement pu être sauvé par son concurrent Loïc Perron.
Un peu plus tard, c'est au tour de Guy Bernardin d'abandonner à cause d'une rage de dents.
Le jour du départ, il avait simplement consommé un sandwich,
mais une croûte de pain s'était coincée entre sa gencive,
provoquant une douleur intense qui s'est aggravée au fil des jours.
Ouais, comme je vous le disais, ça tient à pas grand chose parfois.
Au final, lors de cette édition,
seuls 7 marins sont parvenus à atteindre la ligne d'arrivée sur les 13 navigateurs présents au départ.
Ça nous donne un taux de réussite d'un peu plus de 50%,
mais heureusement, aucun décès n'a été à déplorer.
Enfin, pour l'instant.
Parmi ces 7 marins, le grand gagnant est un français du nom de Titouan Lamazou.
Il a parcouru ce tracé en seulement 109 jours, 8 heures, 48 minutes et 50 secondes précisément,
soit plus de 3 mois seul en mer en totale autonomie, c'est franchement dingue.
Le créateur de cette course, Philippe Janteau,
est quant à lui arrivé 4ème avec un temps de 113 jours et 23 heures,
et il a fallu plus de 163 jours au dernier skipper pour compléter le parcours.
Les écarts entre tous ces scores sont franchement énormes.
Dans sa globalité, cette première édition s'est plutôt bien déroulée,
et ce n'est que 3 ans plus tard qu'une deuxième édition va être organisée.
Pour cette nouvelle édition, seuls 5 des 13 participants présents lors de la première course sont revenus à la charge.
Le recordman Titouan Lamazou n'est certes pas présent pour tenter de battre son précédent record
et confirmer sa place de numéro 1, mais cette année-là, la concurrence est particulièrement rude.
Il y a des français, des anglais, des américains, un espagnol et un hongrois,
il y a de plus en plus de talents internationaux qui se montrent intéressés par cette course,
et sur la ligne de départ, on compte pas moins de 15 navigateurs.
Ah non, 14, pardon.
Ouais, parmi les 15 participants, il y avait un américain du nom de Mike Plains qui s'était inscrit,
mais ce dernier a disparu en mer en voulant relier New York et les Sables d'Olonne à la voile pour se rendre sur la ligne de départ.
Son corps a été retrouvé le jour du départ de la course, mais je vais pas plus rentrer dans les détails de cette histoire ici,
je vous l'ai déjà raconté sur ma chaîne secondaire,
dans cette vidéo je vous ai présenté les pires accidents de l'histoire du Vendée Globe,
n'hésitez pas à passer la voir une fois que vous aurez fini cette vidéo, c'est un bon complément.
Bref, l'objectif de la quasi-totalité de ces navigateurs, c'est de détrôner Titouan Lamazou,
mais à l'issue de cette course, le skipper Alain Gauthier arrive en tête avec un temps de 110 jours et 2 heures,
soit seulement 18 heures de plus que le record de Lamazou.
Il reste indétrônable cette année-là, mais pour combien de temps encore ?
Malheureusement, cette édition fut bien plus difficile que la précédente niveau pertes humaines et accidents.
Lors de la course, en plus de la disparition de Mike Plains avant le départ,
l'anglais Nigel Burgess a lui aussi disparu le lendemain seulement après son départ.
Il a été victime d'une tempête et d'un océan agité qui l'a projeté par-dessus bord.
Ouais, les conditions météo extrêmes et changeantes,
c'est l'un des plus gros risques auxquels les skippers doivent faire face tout au long de leur parcours.
Comme je vous le disais plus tôt, ils doivent constamment surveiller les prédictions météo
et réagir le plus vite possible en cas de problème,
ils n'ont clairement pas le temps de faire des nuits complètes,
et c'est là que le sommeil polyphasique intervient.
Au lieu de suivre un cycle classique de 6 à 8 heures de sommeil par nuit,
les navigateurs qui participent à cette compétition sont des habitués du sommeil polyphasique.
Ils dorment par phase de 20 à 30 minutes toutes les 3-4 heures
et ça leur permet de jamais baisser la garde trop longtemps.
Sur plus de 100 jours d'expédition, impossible pour eux de faire des nuits complètes.
C'est une technique qui demande une grande adaptation,
car si elle est mal maîtrisée, imaginez la fatigue chronique accumulée à la fin du périple.
Le problème, c'est qu'il est extrêmement difficile de trouver le sommeil
pour une simple et bonne raison,
le bruit constant.
Les vagues qui viennent violemment frapper la coque,
le bruit insupportable du vent qui résonne dans la cabine,
les alertes sonores incessantes de l'ordinateur de bord,
les skippers doivent survivre et trouver le sommeil dans un environnement constamment bruyant et anxiogène,
chaque petit bruit peut être le signe d'une anomalie qui peut faire virer l'expédition au cauchemar.
Comprenez bien qu'on est sur du non-stop,
et pour l'instant, le record main dans la matière, c'est toujours Titan Lamazou.
En 1996, lors de la 3ème édition du Vendée Globe,
un certain Christophe Auguin fait son entrée au départ de la course.
Il a 37 ans, c'est un professeur de technologie au lycée,
et c'est la première fois qu'il participe à cette compétition de tous les superlatifs.
Christophe sait qu'il a les capacités de détrôner Titan Lamazou,
et c'est ce qu'il va faire.
Il part des Sables d'Olonne le 3 novembre 1996,
et c'est après plus de 105 jours, 20 heures et 31 minutes de lutte en solitaire
qu'il parvient à boucler son Tour du Monde.
J'ai tout le coup, j'ai pas craqué ni rien.
Limite quand même, limite limite, limite de craquer.
Fin du Tour du Monde Globe Challenge.
Il a fait une très bonne course, il est désormais le nouveau titulaire du record du monde,
il a battu de presque 4 jours le record de Lamazou, c'est juste énorme,
mais pour d'autres, cette course a pris une tournure bien plus dramatique.
Je pense notamment au skipper français Raphaël Dinelli,
qui le jour de Noël a chaviré et cassé son main en pleine traversée de l'océan Indien.
Son bateau s'est rempli progressivement d'eau, ce qui l'a rapidement fait couler,
et Raphaël a dû attendre les secours debout pendant plus de 36 heures dans une eau à 3 degrés.
Ouais, ces images font particulièrement froid dans le dos.
Heureusement, il a été sauvé par un certain Pete Goss,
un concurrent anglais qui s'est dérouté et qui a dû naviguer contre le vent
dans des conditions juste désastreuses pour venir le sauver.
Ce que j'aime beaucoup avec cette histoire et cette compétition en général,
c'est qu'au-delà d'être des simples concurrents,
tous les skippers qui y participent font vraiment preuve d'entraide en cas de force majeure.
Certes, la course est censée se dérouler en solitaire
et toute assistance extérieure entraîne automatiquement une disqualification,
mais dans ce genre de cas où il y a vraiment besoin de renfort,
les premiers à pouvoir venir en aide, ce sont les concurrents eux-mêmes.
Un peu d'entraide dans cette course où la solitude fait beaucoup de ravages,
clairement ça fait du bien.
Ouais, ça j'en ai pas encore vraiment parlé,
mais la solitude extrême est l'un des aspects les plus difficiles à gérer pour les navigateurs.
Imaginez-vous seuls sur un voilier pendant plus de 100 jours,
le stress est omniprésent, vous dormez uniquement par face de 20 à 30 minutes
pour ne pas baisser la garde et rester à l'affût du moindre problème technique,
et par-dessus tout, vous êtes seuls aux commandes.
Aucun contact physique, peu de nouvelles du reste du monde,
vous vous sentez isolés de tout, et quand vous regardez l'horizon,
tout ce que vous pouvez voir n'est qu'une étendue d'eau qui semble interminable.
Alors certes, à bord, il y a une radio,
il est même possible de passer des appels vidéo avec ses proches,
mais tout ça ne peut pas remplacer de vrais contacts sociaux.
Le Vendée Globe, c'est aussi une épreuve
qui permet aux participants de se reconnecter avec eux-mêmes.
Ils sont seuls à bord de leur voilier,
leur destin est entre leurs mains,
ils ne peuvent compter sur personne sauf en cas d'extrême urgence
pour éviter une disqualification.
Psychologiquement, c'est très difficile à supporter.
Malgré l'aspect solitude, la difficulté du parcours,
la dangerosité de la météo et le rythme de sommeil difficile à supporter,
Christophe Auguin a réussi à battre le record de la Mazo.
Mais ce qu'il ne sait pas encore,
c'est que son règne ne va pas durer aussi longtemps qu'il espérait.
Lors de la 4e édition du Vendée Globe,
ce ne sont pas 13 ni même 15,
mais bien 24 navigateurs qui ont répondu présents le jour du départ.
Parmi ces 24 participants,
on y retrouve des habitués comme le français Yves Parlier,
qui en est à sa 3e participation tout de même,
mais il y a surtout beaucoup de nouveaux.
Et cette année-là, les records vont littéralement s'envoler.
A l'issue de cette 4e édition,
on parle non pas de 1 ni de 2,
mais bien de 3 participants
qui ont réussi à passer sous la barre des 100 jours.
Moins de 100 jours pour réaliser un tour du monde à la voile,
c'est lunaire.
En tout, ce sont 6 skippers qui ont battu le record
détenu par Christophe Auguin cette année-là.
Vous vous rendez compte de l'insolence de cette info ?
Le nouveau recordman de cette course au tour du monde,
c'est lui, un autre français du nom de Michel Desjoyeaux.
Michel, ça fait plus de 15 ans qu'il a débuté sa carrière de navigateur,
et dès sa première participation au Vendée Globe,
il a rentré à un temps lunaire de 93 jours,
3 heures et 57 minutes.
Ouais, il a battu de 12 jours le record de Christophe.
Non, là c'est plus qu'une humiliation, clairement.
En 2e position de la course,
on y retrouve une femme âgée d'à peine 24 ans
du nom de Hélène MacArthur,
qui a elle aussi bouclé le parcours en moins de 100 jours
avec un temps de 94 jours et 4 heures, s'il vous plaît.
Et pour ce qui est de la 3e place du podium,
même constat, on y retrouve un autre français
du nom de Roland Jourdain,
qui lui aussi est parvenu à passer sous la barre des 100 jours.
Qu'est-ce qu'il s'est passé cette année-là, en fait ?
Comment, en seulement 4 ans, les records ont tant évolué ?
Eh bien écoutez, il y a pas mal d'explications.
Déjà, les bateaux de la classe IMOCA
ont bénéficié de pas mal d'améliorations
entre ces deux éditions, notamment au niveau de leur conception.
Ils se sont mis à utiliser des matériaux composites
bien plus légers et rigides,
ce qui a donc pas mal amélioré la vitesse et la maniabilité des voiliers.
Par exemple, sur le voilier de Michel Desjoyeaux,
on y avait installé une quille pendulaire
bien plus innovante, qui lui a offert
une meilleure stabilité et donc de meilleures performances.
Forcément, le progrès technique y est pour beaucoup,
mais croyez-moi, c'est loin d'être la seule
cause de l'évolution de ces records.
En analysant les performances des précédentes éditions,
les skippers ont aussi acquis une bien meilleure
connaissance du parcours, et cette expertise
leur a permis d'optimiser leur trajectoire
et de naviguer plus efficacement.
Bon, malgré tous ces exploits, il y a quand même eu pas mal d'abandons.
Sur les 24 bateaux qui sont partis
des Sables d'Olonne, seuls 15 ont franchi
la ligne d'arrivée dans les règles de l'art.
Il y a eu un total de 9 abandons, principalement
pour cause d'avarie technique. Ouais, parce que
sur cette course, faut pas simplement être bon,
faut aussi croiser les doigts et bien entretenir son voilier
pour qu'il tienne le coup. Dans un environnement pareil,
le moindre problème technique pourrait avoir
de très grandes conséquences. Donc ouais,
faut vraiment faire gaffe et espérer que le bateau
résiste tout le long du périple. En seulement
4 éditions et plus de 10 ans d'existence,
le premier record de cette course détenu par Titan Lamazou
a été battu de plus de 16 jours.
C'est vraiment dingue quand on y pense, et depuis, cet écart
n'a fait que de se creuser davantage au fil
des éditions. Nous sommes maintenant en 2004
et sur la ligne de départ, 20 bateaux sont engagés.
Parmi eux, on y trouve celui d'un skipper français
qui a débuté sa carrière de navigateur
10 ans plus tôt et qui compte bien marquer l'histoire de cette course,
je vous présente Vincent Rioux.
Entre 94 et 2003, il n'a fait
qu'enchaîner les compétitions et les succès,
mais jamais il ne s'était encore attaqué
à la prestigieuse course du Vendée Globe.
Pourquoi ? Tout simplement
parce qu'il attendait le bon moment. Le truc,
c'est que Vincent, au-delà d'être un très bon
navigateur, c'est aussi et surtout
un préparateur de bateau à la base. Le gars
qui a conçu 4 ans plus tôt le voilier du recordman
Michel Desjoyeaux, c'était lui.
Effectivement, avant de s'engager en tant que skipper,
il a accumulé énormément d'expérience
en bossant comme préparateur de bateau pour Michel
et cette période lui a permis de
développer une compréhension bien plus approfondie
de chaque aspect technique et stratégique de la course.
Quand tu connais par cœur le fonctionnement de ton bateau,
forcément t'es excellent quand il s'agit
de le piloter ou de le maintenir en bon état.
C'est donc avec un bagage de connaissances bien plus important
que l'écrasante majorité des skippers
que Vincent a pris la route à bord du même bateau
qui a servi à Michel 4 ans plus tôt,
le PRB. Est-ce que tout le savoir
qu'il a acquis à force de travail s'est finalement révélé
positif pour sa course ? Bien sûr que oui.
Il a géré sa traversée comme personne,
il n'a pas eu d'accros majeurs pendant sa course
et c'est en seulement 87 jours, 10 heures et 47 minutes
qu'il est finalement parvenu à boucler
son tour du monde. Il a battu de 6 jours
le précédent record détenu par Michel,
c'est un exploit. Mais ce qui a surtout
marqué cette édition du Vendée Globe, ça a été
l'intensité du duel qu'il a livré contre
son concurrent, Jean Le Cam. Naviguant
souvent à la vue l'un de l'autre, ils ont
franchi ensemble les capes de Bonne Espérance,
Lee Win et Horn et leur compétition était
si serrée que malgré les dizaines de
milliers de kilomètres parcourus, l'écart
entre les deux ne restait que minime. Faut dire
que Jean Le Cam c'est pas n'importe qui, c'est lui aussi
un très grand skipper qui a commencé sa carrière il y a
22 ans de cela et techniquement c'est un
poids lourd que beaucoup surnomment le Roi Jean.
Il a mené la course une bonne partie du temps cette
année-là, notamment lors du passage du Cap Horn
mais de son côté, Vincent a su mieux
exploiter les conditions météorologiques lors de sa
remontée de l'Atlantique, ce qui lui a finalement permis
de prendre l'avantage. Et il a finalement
terminé en première position avec seulement
7 heures d'avance sur Jean. De A à
Z, cette course a été très serrée et les deux
skippers ont décidé de remettre le couvert pour l'édition
de 2008. Vincent voulait améliorer
son temps, Jean voulait gagner cette course
et prendre sa revanche
mais malheureusement, tout ne s'est pas passé
comme prévu cette année-là.
Nous sommes le 9 novembre 2008 et
c'est le jour J. Les 30 skippers participants
à la 6ème édition du Vendée Globe font leur
départ, tous prêts à affronter
des prochains mois difficiles. Parmi eux, on y
retrouve nos deux navigateurs de renom, Jean
Le Cam et Vincent Rioux. C'est l'heure
du deuxième round. Malheureusement,
moins de deux mois après le départ le 6
janvier, Jean Le Cam chavire
à l'ouest du Cap Horn. La situation
est extrêmement critique en témoignent ces
images. Son voilier est complètement retourné
et Jean se trouve piégé
sous la coque. Heureusement, dans son bateau, il y a
une trappe qui lui permet de sortir en toute sécurité
mais sans sauveteur, impossible
pour lui de l'ouvrir. Bah ouais, s'il s'amuse
à l'ouvrir, il finirait par dériver seul hors
de son bateau, ce qui n'est absolument pas le but
recherché, on s'entend ? Jean se trouve donc
condamné, il arrive à se réfugier dans une poche
d'air en attendant les secours et ce n'est que
douze heures plus tard qu'un de ses concurrents arrive
enfin à l'atteindre pour le sauver.
D'ailleurs, ce concurrent, c'est pas n'importe qui.
Ouais, je vous parle bel et bien
de Vincent. Bon, je me rends compte en vous
racontant cette histoire que je vous ai complètement spoilé
le début de la vidéo de ma chaîne secondaire. Mais bon, fallait
vraiment que je vous la raconte ici parce que
je trouve que cette histoire elle est folle. C'est pour ce genre
d'histoire de rivalité, de sauvetage et d'entraide
que j'aime autant suivre cette course.
Vous vous doutez bien qu'après tous ces événements, ces deux
navigateurs se sont beaucoup rapprochés et c'est
aussi ça le Vendée Globe. Un moyen de rencontrer
et de tisser des liens forts avec d'autres skippers
passionnés malgré l'aspect solitaire de
la course. Après cet accident, Jean
Le Cam a dû déclarer forfait. Vincent
quant à lui est arrivé en troisième position après
un reclassement suite au sauvetage de Jean et
lors de cette même course, son record du monde a été
battu par Michel Desjoyeaux.
Comme quoi, le monde est petit.
Et oui, Michel a fait son grand retour sur la
première marche du podium cette année-là avec
un temps spectaculaire de 84 jours
3 heures et 9 minutes. C'est sa deuxième victoire
en Vendée Globe et encore aujourd'hui, c'est le
seul skipper à avoir gagné deux fois cette course.
J'ai pas les mots, c'est juste fou
cette histoire. Bon, depuis le début de cette vidéo,
vous vous demandez sûrement, bah, quelles sont
les récompenses financières associées au Vendée Globe.
Faut savoir qu'avec le temps, les gains des skippers n'ont
fait qu'augmenter. Et ça, c'est surtout dû à
la hausse de popularité de l'événement. Il y a de plus en plus
de sponsors qui investissent de plus en plus de grosses
sommes et clairement, ça se ressent sur
les récompenses. Cette année, par exemple, la dotation
globale s'élève à 800 000 euros.
200 000 euros pour le premier arrivé, 140 000
pour le deuxième, 100 000 pour le troisième et ainsi
de suite jusqu'au dixième. Cela représente donc une
cagnotte totale de 700 000 euros pour les dix premiers,
tandis que les 100 000 restants seront répartis
entre tous les skippers ayant terminé
la course au-delà de la dixième place. En somme,
si t'arrives à boucler ton tour du monde sans te faire
disqualifier, tu peux toujours gratter un peu d'argent.
Mais bon, le plus rentable, c'est de finir dans
le top, hein. Bref, 84 jours pour
boucler un tour du monde à la voile, on vient de le voir, c'est
un exploit franchement dingue. Mais
pendant ce temps-là, dans l'ombre, une nouvelle génération
de skippers se prépare, prête
à pousser les records dans une autre dimension.
Nous sommes en 2012,
au départ de la septième édition du Vendée Globe.
Ouais, déjà la septième, on vient quand même de retracer
dans les grandes lignes plus de 20 années d'édition,
c'est juste énorme. Sur la grille de départ, il y a des têtes
que l'on connaît bien maintenant, comme le fameux duo
Jean Le Cam et Vincent Rioux, mais il y a aussi
beaucoup de nouveaux comme chaque année, des skippers
de plus en plus jeunes, bien déterminés à marquer
eux aussi l'histoire de la compétition. Parmi
eux, on y retrouve un certain, François Gabart.
Il fait partie de cette nouvelle génération de
skippers, il n'a que 29 ans et ça fait
depuis ses 14 ans qu'il pratique, et malgré
son jeune âge, il est plein d'ambition.
Cette course, il veut la remporter en surpassant
les performances des navigateurs de cette ancienne
génération qui l'attend à admirer. Bon,
le truc, c'est que faire face à des grands habitués de cette course
bien plus expérimentés comme Jean Le Cam,
c'est pas une mince affaire. Il en
est à sa troisième participation, tout comme Vincent Rioux
qui lui a remporté l'édition de 2004 et
finit 3ème lors de l'édition de 2008, rappelez-vous.
François sait qu'il va devoir
affronter certains des plus grands skippers de la planète,
mais il reste confiant malgré tout.
Le départ est donné pour les 20 skippers
le 10 novembre 2012 au Sable d'Olonne, ça s'abouge pas,
et dès le début de la course,
François se positionne rapidement parmi les leaders.
Très vite, il va prendre de l'avance,
mais le truc, c'est qu'il y a un autre jeune skipper de
renom qui le suit de très près et qui arrive à
le dépasser par moments. Son nom ?
Armel Le Cleac'h.
Armel, c'est un navigateur français de 35 ans
et tout comme François, c'est un skipper avec un
grand potentiel. Les deux sont jeunes et expérimentés,
mais à l'inverse de François, Armel
a déjà participé à deux précédentes éditions
du Vendée Globe. En 2008, il a fini en deuxième
position en passant sous la barre des 90 jours,
c'est dire, et entre temps, il a
pas mal pris en expérience en participant à
beaucoup d'autres compétitions dans le domaine. C'est un
très gros poisson et François va devoir
se battre pour décrocher le grade. Pendant
plusieurs semaines, les deux skippers échangent la tête de la
course à plusieurs reprises, notamment lors de la
traversée de l'océan Indien, et en passant le
Cap Horn le 1er janvier 2013,
François arrive à le devancer de seulement 80
minutes. 80 minutes d'écart sur une course de plus
de 80 jours, clairement c'est rien du tout. Lors
de la remontée de l'Atlantique, François a réussi
à accroître son avance, il arrive à optimiser
sa trajectoire en fonction des conditions météo
comme personne, et c'est grâce à cette expertise
qu'il arrive finalement à boucler son tour du monde
le 27 janvier 2013, 78
jours et 2 heures après son départ.
Son concurrent Armel, quant à lui, arrivé 3 heures
plus tard seulement, ça s'est joué à rien
encore une fois. Bon, de son côté, François
il est aux anges, il devient le plus jeune skipper à avoir
remporté un Vendée Globe, et de surcroît,
il a battu le précédent record du monde de 6 jours,
s'il vous plaît. Et du côté d'Armel, bon,
c'est pas la joie ultime quoi. C'est la
deuxième fois d'affilée qu'il termine cette course à la deuxième
place, il a attendu 4 ans pour prendre sa revanche,
mais il s'est finalement fait battre par un skipper
de 29 ans, qui en était à sa
première tentative. Faut avoir le mental hein.
Bon, malgré tout, Armel ne se
décourage pas. Après tout, même s'il n'a pas encore
remporté cette course, il a tout de même terminé
2 fois en deuxième position. C'est un vrai exploit.
Il sait qu'il a les capacités de faire tomber
le record de François, il en est persuadé,
alors il va tout faire pour.
Sa prochaine occasion est dans 4 ans, et
d'ici là, il va devoir s'armer de patience
et faire ce qu'il sait faire de mieux,
s'entraîner.
6 novembre 2016, c'est le grand jour.
29 skippers sont réunis sur le départ
de cette course, et Armel en fait partie.
Il est plus que déterminé, il en est à sa
troisième tentative, il n'a hâte que
d'une chose, prendre le trône.
Dès les premiers jours, il arrive à se positionner en tête de la flotte,
j'ai envie de dire comme à son habitude finalement,
mais pour conserver sa place de numéro 1,
il doit faire face à un autre skipper naviguant à ses côtés,
cette fois, on ne parle pas d'un
François Gabart, ni d'un Michel Desjoyeaux,
mais d'un certain Alex Thompson.
Il faut savoir qu'Alex est le Vendée Globe, c'est une histoire d'amour
mouvementée en quelque sorte. Lors de sa première
participation en 2004, il a été contraint
d'abandonner la course après avoir rompu le vide
mulet de son voilier, c'est une ferrure articulée
qui est vraiment essentielle pour ajuster la grand voile.
En 2008, rebelote, il se prépare comme un dingue
pour mener sa course à bien, mais dès le deuxième
jour, nouveau problème technique. En fait,
quelques jours avant le départ, son bateau a subi
une collision avec un chalutier au large des côtes
françaises. Malgré cette grosse galère de dernière
minute, il a réussi à le réparer et à prendre
le départ, mais au bout du quatrième jour seulement,
il a dû abandonner une nouvelle fois,
parce que manifestement, sa coque, elle a quand même pas
tenu le coup malgré ses réparations. Quand ça veut
pas, ça veut pas. Heureusement pour lui,
rien de grave, il s'en est sorti indemne,
mais bon, deux abandons, deux participations,
ça commence à faire beaucoup. En 2012,
il n'a pas baissé les bras, figurez-vous. Il a
participé une troisième fois au Vendée Globe, et cette
fois-ci, tout s'est plutôt bien déroulé. Il a réussi
à boucler son tour du monde dans son entièreté, et il
est arrivé à la troisième place derrière Armel
et François Gabart. Là, on est quand même sur
deux profils de gros tryhardeurs, Armel
et Alex en sont respectivement à leur troisième
et quatrième participation. Imaginez
un peu l'intensité du duel entre les deux hommes.
Après avoir franchi le cap de Bonne Espérance,
Armel et Alex entament une traversée
rapide de l'océan Indien. Le 30 novembre,
les deux skippers sont à la hauteur des îles
Karguelen, et ces images de leur Imoca filant
à toute vitesse dans cette section de la course témoignent
bien de l'intensité des efforts investis
pour la remporter. Leur duel se poursuit dans le
Pacifique Sud, les écarts de temps se font
de plus en plus minimes, et lors de la remontée
de l'Atlantique Sud, Armand, à l'inverse
d'Alex, choisit de prendre une route plus
à l'est. Effectivement, comme je vous le disais plus tôt,
adapter son parcours aux conditions météo, c'est vraiment
un acte crucial pour gratter de précieuses heures,
voire même de précieux jours. Finalement,
entre les deux skippers, c'est Armel qui a pris
la bonne décision en prenant une route qui s'est
finalement révélée plus rapide que celle empruntée par Alex.
Ça lui a permis de prendre pas mal d'avance
sur son concurrent, et c'est après plus de
74 jours, 3 heures, 35 minutes
et 46 secondes qu'il parvient à compléter
son Tour du Monde en solitaire.
Record battu. Après toutes ces années
d'acharnement, après deux éditions difficiles
où il est passé à ça du trône,
le travail et la résilience d'Armel Le Cleac'h ont
finalement payé. Il a battu de presque
4 jours le précédent record du monde, et son
concurrent Alex Thompson, et quant à lui arriver
16 heures plus tard... Ouais, mine de rien,
il s'était quand même creusé une belle avance,
le Armel. Encore aujourd'hui, Armand détient
toujours le meilleur chrono du Vendée Globe.
Faut dire que boucler un Tour du Monde à la voile en 74 jours,
c'est... Je sais même pas comment c'est
humidement possible, sérieux. Ca fait près de 8 ans
maintenant qu'il conserve son record, qui n'a pas été battu
en 2020 d'ailleurs. Lors de cette édition, le skipper
arrivé en tête Yannick Bestaven a complété
le trajet en seulement 80 jours et 3 heures.
D'ailleurs, pour vous donner des news d'Alex Thompson,
il a aussi participé à cette édition,
mais...
Bon, désolé Alex, mais
faut dire que t'as vraiment pas de chance pour le coup.
Je vous en parlais en début de cette vidéo, il y a quelques semaines,
le 10 novembre 2024, s'est tenu le lancement
de la 10ème édition du Vendée Globe.
On parle d'un total de 40 voiliers au départ cette année,
clairement c'est un record, et parmi les participants,
on y retrouve notre Jean Le Cam national,
qui en est à sa 6ème participation, c'est dire.
De son côté, Armel Le Cleac'h le
confirme, cette année,
tout est réuni pour battre le record.
Affaire à suivre donc.
En bref,
le Vendée Globe, c'est ça.
Des rivalités, des sauvetages miraculeux,
des records toujours plus dingues malgré la longueur du
tracé, l'impact de la solitude seule au
milieu de l'océan pendant des semaines,
et la difficulté de trouver le sommeil dans de telles
conditions. J'espère qu'à travers cette vidéo,
je vous ai transmis la fascination que j'éprouve pour
cette compétition. Sur cette chaîne, on parle de performance
humaine extrême, donc si ce genre de sujet vous intéresse,
n'hésitez pas à pratiquer l'abonnement, ça soutient
beaucoup, croyez-moi. N'oubliez pas mon offre
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Allez, salut !